C’est un appel national : aussi bien du côté des professeurs, qui faisaient grève pour certains ce jeudi 3 avril 2025, que du côté des personnels hospitaliers.
Baisse du pouvoir d’achat
Si la grève a été très peu suivie dans le corps enseignant (1,93 % de grévistes dans l’Académie de Lille), elle l’était un peu plus chez les soignants du centre hospitalier de Béthune-Beuvry. À midi, ils étaient une bonne vingtaine à organiser un barbecue devant les portes de l’établissement, rejoints également par des soignants des hôpitaux publics d’Arras ou d’Hénin-Beaumont.
La raison est simple : l’hôpital a subi plusieurs baisses. « Les conditions de travail se dégradent, de façon nationale. On nous rappelle de plus en plus souvent. On essaie de nous faire passer en douce les 12 h : cela amène des auto-remplacements, plus de 48 h de travail par semaine, les soignants vont s’épuiser. Je fais partie d’une commission de santé, on a des gens de plus en plus cassés », explique Blandine Buisine, une soignante en charge des conditions de travail.
Alors, avec une baisse des indemnités en cas d’arrêt maladie, doublée de l’instauration de jours de carence (les soignants n’en avaient jusqu’à présent pas), Pascal Fauvet, représentant CGT à l’hôpital, craint une chose : « que les soignants, en cas de maladie, ne puissent pas se mettre en arrêt. Ils risquent ainsi de contaminer leurs collègues ou le personnel. » Depuis le 1er mars, les indemnités d'arrêt maladie ne sont remboursées qu'à 90% du salaire pour les fonctionnaires, contre 100% auparavant.